Fin du libre-accès pour le paracétamol, l’aspirine et l’ibuprofène ?

Categorie: INFO Santé

L’ANSM souhaite supprimer l’accès direct à ces médicaments et renforcer le rôle de conseil des pharmaciens.

L'Agence na­tio­nale de sé­cu­rité du mé­di­ca­ment et des pro­duits de santé (ANSM) a an­noncé, le 3 oc­tobre, qu’elle sou­hai­tait que les spé­cia­li­tés à base de pa­ra­cé­ta­mol, d'as­pi­rine et d'ibu­pro­fène ne soient plus au­to­ri­sées dans la zone en libre ac­cès des phar­ma­cies et ce, dès jan­vier 2020. Il n'est pas ques­tion de lis­tage mais sim­ple­ment d'un re­tour de ces mé­di­ca­ments der­rière le comp­toir, « ren­for­çant ainsi le rôle de conseil [des phar­ma­ciens] au­près des pa­tients qui sou­haitent en dis­po­ser, en par­ti­cu­lier sans or­don­nance ».
Cette me­sure vise à lut­ter contre une cer­taine ba­na­li­sa­tion de ces mo­lé­cules parmi les plus uti­li­sées en au­to­mé­di­ca­tion. Elle « s’ins­crit dans la conti­nuité des ac­tions me­nées par l’Agence pour sé­cu­ri­ser l’uti­li­sa­tion de ces mé­di­ca­ments », au même titre que l'ar­ri­vée, dans les pro­chains mois, d’un mes­sage sur les boîtes des mé­di­ca­ments conte­nant du pa­ra­cé­ta­mol afin d’aler­ter sur le risque pour le foie en cas de sur­do­sage.

Une re­con­nais­sance du rôle des of­fi­ci­naux

Phi­lippe Bes­set, pré­sident de la FSPF, se fé­li­cite que l’ANSM « re­con­naisse le rôle des phar­ma­ciens d’of­fi­cine dans la sé­cu­ri­sa­tion de la dis­pen­sa­tion de ces mé­di­ca­ments pou­vant en­traî­ner des ef­fets se­con­daires graves lors­qu’ils sont mal uti­li­sés ». D'après le di­rec­teur du dé­par­te­ment des mé­di­ca­ments en an­tal­gie de l’ANSM, le doc­teur Phi­lippe Vella, « mé­de­cins, phar­ma­ciens et as­so­cia­tions de pa­tients sont fa­vo­rables à cette me­sure ». Côté in­dus­triels, seule l'As­so­cia­tion fran­çaise de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique pour une au­to­mé­di­ca­tion res­pon­sable (Afipa) s'est jusque-là ex­pri­mée, fus­ti­geant un « re­tour en ar­rière in­édit ». Les la­bo­ra­toires dis­posent à pré­sent d’un mois pour faire part de leurs re­marques à l’Agence, dans le cadre de la phase contra­dic­toire.

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